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Lynda Koudache décroche le Prix Assia Djebbar du roman. K-Direct - Actualité

Publié le 18 Décembre 2016, 12:32pm

Catégories : #Actualité, #Kabylie, #Culture

Tamacahut taneggarut de Lynda Koudache. Un prix bien mérité !

 

Lynda Koudache vient de décrocher le prix Assia Djebbar du roman, dans son expression amazighe. C’est une bonne nouvelle aussi bien pour l’auteur de Tamacahut taneggarut que pour les lecteurs qui, comme moi,  ont déjà eu l’occasion de l’apprécier et ceux qui auront à le lire.  Ce roman est élu meilleur roman parmi neuf autres textes. L’ensemble des textes compétitifs sont présentés par huit maisons d’édition. Ce nombre est déjà à lui seul un indicateur important du renouveau littéraire en kabyle. 

Ce second roman de Lynda Koudache est un beau texte. Il a plusieurs qualités. Parmi ces dernières, je pourrais citer trois qui me paraissent importantes. Importantes, car je pense qu’elles caractérisent ce roman aussi bien dans sa valeur intrinsèque que dans sa relation à l’histoire du roman (en) kabyle.

Sa première qualité est indéniablement son style intimiste. Non seulement la narration interne domine quasiment dans ce texte mais aussi et surtout elle explore l’intimité du personnage central, Cabḥa Nat Bannen. La mise à nu de l’intimité suit les changements des prénoms de ce personnage fragile dont la seule force qui lui reste est de se livrer sans retenu aux sirènes du monde merveilleux qui atténuent sa douleur et ce jusqu’à l’installer dans la folie.

La posture interne de la narration n’est pas, en soi, nouvelle dans le roman kabyle. Toutefois, je dois signaler qu’elle n’y est pas dominante. Des textes, comme Nayla de Brahim Tazaghart,  Askuti de Said Sadi ou encore Timlilit n tɣermiwin de Djamel Benaouf, contiennent, à des proportions différentes, ce type de narration. Le propre de Lynda Koudache est qu’elle relie cette narration à une thématique intimiste alors que les autres, ceux que je viens de citer par exemple, l’utilise comme un subterfuge pour des thématiques plus collectives (mémoire, identité, quotidienneté sociologique). La relation de cette thématique intimiste avec le type de narration adoptée dans le texte de Koudache donne naissance à une histoire autobiographique : le personnage raconte l’intimité de sa vie.    

La seconde qualité de ce texte, je la vois dans ce monde de folie créatrice qui caractérise l’univers thématique. La folie ici n’est pas thème au sens strict du terme, même si elle le suggère tout au long du texte. Figure importante et essentielle de l’intimité énoncée, la folie devient merveilleusement source de poétique et de profondeur. A mon humble avis, c’est l’un des textes romanesques kabyles qui portent cette force thématique et cette densité sémantique tant recherchée dans la littérature. Pour les autres, je pense ENTRE AUTRES  à Tagrest urɣu d’Amar Mezdad, à Nnig usennan de Boualem Rabia, à Nayla de Brahim Tazaghart, à Azar n tagut de Salem Zenia, etc.

La troisième qualité de ce texte est certainement son expression très poétisée. Faut-il rappeler que l’auteur a commencé ces premiers écrits dans le genre de poésie. J’ose penser que cette poéticité dépasse largement, à mes yeux, le cadre de belles sonorités et la profondeur des expressions figuratives. Elle va au-delà de l’entendement langagier pour en faire une rencontre heureuse entre le merveilleux, du conte et autres, et le surréalisme qui prend place dans la douleur exprimée (avec une grande pudeur tout de même) par le personnage central. 

On trouvera certainement d’autres qualités à ce texte. Sa sélection comme meilleur roman n’est pas à démentir. Sans vouloir dire que les autres textes de la compétition sont de moindre qualité (très loin de mon esprit cette idée ; je ne connais même pas les autres textes soumis aux membres du jury), je pense seulement que le texte Tamacahut taneggrut de Lynda Koudache mérite un prix. Et c’est le prix Assia Djebbar cette fois-ci.

 

Source : Isallen.tk

Lynda Koudache décroche le Prix Assia Djebbar du roman. K-Direct - Actualité

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