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Histoire : Firmus le Guerrier Kabyle - Histoire de la Kabylie de Youcef Zirem. K-Direct

Publié le 6 Novembre 2016, 00:59am

Catégories : #Histoire, #Kabylie

 

" En Kabylie, les Romains ont souvent tenté de contenir de nombreuses révoltes de la population autochtone. Les plus importantes sont celles de Takfarinas et celle de Firmus. Les cités romaines en Kabylie les plus considérables sont les villes côtières telles Vgayet, Tigzirt et Dellys ( Rusuccuru ) ainsi que les cités de Djamâa Saharidj et Tiklat. Bida Municipum ( Djamâa Saharidj) semble avoir été fondée bien avant les Romains ( on y a découvert sur le site une monnaie de Massinissa en 1967 ".

Située sur le flanc du Djurdjura, Djamâa Saharidj représente une position stratégique pour les Romains. Bida Mumnicipum constitue un important point de défense des troupes romaines ; il y subsiste quelques ruines du système d’observation romain. Quand elle tombe sous les griffes des Vandales, son évêque est exilé ; la cité était donc importante puisqu’elle avait un évêché.

Située au pied du mont Fenaïa, dans la vallée de la Soummam, Tiklat était connue sous le nom de Tubuscum Oppidum (ou encore Tubusuptus). En l’an 25, Tacfarinas se révolte contre les Romains et met le siège devant cette cité. Tacfarinas avait fait partie des troupes romaines avant de déserter et de fédérer les tribus berbères en révolte.

L’insurrection se propage dans une grande partie de l’Afrique du nord. La guerre de Tacfarinas contre les Romains dure plus de sept ans. Incapables de battre le chef berbère, les Romains essayèrent de fomenter des divisions au sein des troupes amazighes. C’est le proconsul Cornelius Dolabella qui termine cette guerre en assiégeant les troupes berbères à Auzia (près de l’actuelle Sour-el-Gozlane). Tacfarinas meurt à Pomaria (actuelle Tlemcen).

Trois siècles plus tard, un autre Berbère, Firmus, assiège Tubusuptus et la prend. Le parcours de Fimus est digne d’intérêt. Firmus vient de la tribu des Jubaleni de la montagne des Bibans.

Appartenant à une grande famille berbère chrétienne, il est le fils de Nubel qui occupe une citadelle dans la région de Tizi Nat Icha (Thénia aujourd’hui). Les frères de Firmus, Sammac et Mazuca possèdent des domaines gardés : l’un dans la vallée du Chélif, l’autre dans la vallée de la Soummam, près de Tiklat. C’est vers l’an 372 que Firmus entre en révolte contre les Romains. Plein de courage et de charisme, Firmus est rejoint par les Berbères des autres régions, autres que la Kabylie. Ne voulant plus de l’exploitation et de l’humiliation, les Berbères engagés dans l’armée romaine désertent.

Les Donatistes aussi rejoignent la grande révolte. Le donatisme est une doctrine chrétienne schismatique qui se développe dans le diocèse d’Afrique romaine dès le IV siècle, sous l’impulsion de Donatus, évêque de Cellae Nigrae (Cases-Noires). Firmus prend Césarée (Cherchell, à l’ouest d’Alger), capitale de la Maurétanie césarienne et Icosium (Alger).

L’évêque donatiste de Mers-el-Hadjadj (Rusubiccari) ouvre lui-même les portes de la ville à Firmus. C’est le grand général romain Flavius Théodose qui est chargé de venir à bout de la révolte berbère ; il débarque d’abord à Igilgili (Jijel actuelle), puis s’installe à Tubusuptu.

Au même moment, Firmus se bat aussi contre son frère Gildon qui commande les troupes romaines. Deux autres frères de Firmus ayant rejoint la révolte sont tués par les Romains. Avec le général romain, Firmus négocie parfois : ainsi il évacue de lui-même Icosium. Dans une bataille dont le siège est la vallée du Chélif, Mazuca, le frère de Firmus, se donne la mort pour ne pas devenir un otage.

En l’an 373, Firmus domine les Romains. Ces derniers décident alors d’employer d’autres moyens ; avec de la ruse, ils réussissent à corrompre une bonne partie des tribus de l’ouest qui abandonnent la lutte. Firmus s’enfuit sur les monts du Hodna et se réfugie chez les Isaflensen. La guerre fait rage, Firmus devient encore plus fort dans cette interminable bataille mais Théodose arrive à corrompre le chef des Isaflensen qui le livre aux Romains. Firmus se suicide alors, en cette année 375, pour éviter les humiliations romaines.

A cette lointaine époque, le roi des Isaflensen était capable de mobiliser près de 20000 hommes avec le soutien de la tribu des Iesalenses, selon Ammien Marcellin, cité par la revue Histoire antique et médiévale dans son numéro 70, daté novembre et décembre 2013. "

 

Source : 

Histoire de la Kabylie, de Youcef Zirem ( éditions Yoran, 2014 )

Histoire de la Kabylie par Youcef Zirem
Histoire de la Kabylie par Youcef Zirem

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